Le Tombeau Des Lucioles Livre

Le Tombeau des Lucioles. Ah, Le Tombeau des Lucioles. On doit tous faire semblant de l'adorer, n'est-ce pas? C'est un classique. Un chef-d'œuvre. Un truc à pleurer à chaudes larmes. Mais… est-ce que je suis la seule à penser que c'est un peu surcoté?

Attention, je ne dis pas que c'est mauvais. C'est juste… déprimant. Et pas du genre "déprimant philosophique qui te fait réfléchir sur le sens de la vie". Non, c'est du genre "déprimant que tu veux te cacher sous la couette et manger un pot de glace". Et franchement, parfois, j'ai juste envie de regarder des chats qui jouent au piano, pas de replonger dans la détresse du Japon en guerre.

Un film à chialer, oui, mais pourquoi ?

On est d'accord, l'animation est magnifique. Les lucioles sont poétiques. La relation entre Seita et Setsuko est touchante. Mais... est-ce qu'on ne nous manipule pas un peu avec ces gros yeux d'enfants et cette ambiance mélancolique ? C'est comme si le réalisateur, Isao Takahata, avait une télécommande spéciale "larme facile" et qu'il appuyait dessus toutes les cinq minutes.

Et puis, soyons honnêtes, Setsuko est adorable, oui, mais aussi un peu… agaçante. Je sais, je sais, c'est un bébé, elle est malade, la guerre est horrible, etc. Mais ses "On dirait des bonbons !" devant les boules de suie, ça me tape un peu sur les nerfs. Pardonnez-moi. Je vais aller me confesser après ça.

Le syndrome du "film obligatoire"

Je pense que le problème, c'est que Le Tombeau des Lucioles est devenu un film "obligatoire". On doit l'avoir vu pour être une personne cultivée, sensible et dotée d'une conscience morale. C'est un peu comme lire Guerre et Paix : on dit qu'on l'a fait, mais en réalité, on a juste regardé l'adaptation cinématographique sur Netflix en accéléré.

Critique de "Le Tombeau des lucioles" par Evan Risch
Critique de "Le Tombeau des lucioles" par Evan Risch

Du coup, on se force à aimer. On se force à pleurer. On se force à trouver ça profond. Mais au fond de nous, on se dit juste : "Allez, encore 20 minutes et c'est fini. Après, je regarde une comédie romantique avec Ryan Reynolds et je suis tranquille."

Et le pire, c'est que si tu oses dire que tu n'as pas surkiffé Le Tombeau des Lucioles, on te regarde comme si tu venais de tuer un chaton devant des enfants. "Comment ? Tu n'as pas été touché par cette histoire déchirante ? Tu es un monstre !"

L'écrivain japonais Akiyuki Nosaka, auteur de "La Tombe des lucioles
L'écrivain japonais Akiyuki Nosaka, auteur de "La Tombe des lucioles

Alors, voilà. Je l'ai dit. Je suis un monstre. Mais un monstre qui préfère regarder Mon Voisin Totoro. Au moins, Totoro, il est poilu et il ne meurt pas de faim. C'est déjà ça.

N'hésitez pas à me jeter des pierres (virtuelles, hein !). Mais avouez que, peut-être, tout petit peu, vous êtes d'accord avec moi. Ou alors, je suis vraiment la seule à penser ça et je vais aller me cacher dans un trou de souris. Mais au moins, j'aurai dit ce que j'avais sur le cœur. Et ça, c'est déjà une petite victoire. Une petite victoire, même si elle est bien moins émouvante qu'une luciole dans la nuit.