
Ah, la fameuse page de garde de maths en 4ème! Qui n'a pas connu ça? C'est un peu comme le teaser d'un film qu'on a moyennement envie de voir, mais qu'on est obligé de regarder quand même.
On parle bien de cette feuille, immaculée ou légèrement jaunie par le temps passé au fond du sac, qui précède un cahier rempli de théorèmes aussi obscurs que le code secret d'un coffre-fort suisse? Oui, celle-là même!
Le principe est simple, en théorie: on doit la décorer, annoncer fièrement (ou pas) que ce cahier est dédié aux mathématiques de 4ème, et peut-être même y coller une photo de Pythagore, histoire de montrer qu'on a compris le truc (spoiler alert: on a rarement compris le truc).
Le défi artistique
Soyons honnêtes, pour la plupart d'entre nous, dessiner un triangle équilatéral à main levée relevait déjà de l'exploit. Alors, imaginer créer une composition artistique digne du Louvre avec un compas rouillé et des stylos Bic usagés... c'était un peu comme demander à un chat de jouer du piano. Possible, mais pas forcément joli.
Certains, les plus motivés (ou les plus stressés par la note), s'y prenaient des semaines à l'avance, à coups de recherches Google "dessins maths faciles" ou de tentatives désespérées de reproduire des fractales (sans vraiment comprendre ce que c'était, évidemment). D'autres, et je pense qu'on était plus nombreux, s'y mettaient la veille au soir, dans un état de panique avancée, en se disant: "Bon, on va faire simple, un quadrillage et un titre en Comic Sans MS, ça fera l'affaire."

L'expression de soi... en chiffres?
Ce qui est amusant, c'est que cette page de garde était supposée refléter notre personnalité. Comment refléter sa personnalité avec des équations et des figures géométriques? C'est la grande question! En général, ça se traduisait par: 1) des motifs répétitifs qu'on avait vus sur le cahier de notre voisin l'année précédente, 2) des gribouillages incompréhensibles, ou 3) un collage hétéroclite de logos de marques de sport (parce que, soyons clairs, le sport, c'était plus simple que les maths).
Et puis, il y avait les pros du lettrage. Ceux qui passaient des heures à calligraphier "Mathématiques 4ème" avec des ombres et des dégradés dignes d'un graffeur de rue. On les admirait, secrètement, tout en se disant que le temps qu'ils passaient sur leur page de garde, on aurait pu le passer à essayer de comprendre la différence entre une fonction affine et une fonction linéaire (ce qu'on n'a jamais fait, soyons clairs).

Plus qu'une simple page
Au final, cette page de garde, c'était un peu plus qu'une simple formalité. C'était un rite de passage. Un moment de créativité forcée au milieu d'un océan de théorèmes et de problèmes insolubles. C'était une occasion, aussi infime soit-elle, de laisser une petite trace de soi dans ce monde impitoyable des mathématiques.
Alors, la prochaine fois que vous tombez sur un vieux cahier de 4ème avec une page de garde plus ou moins réussie, souriez. C'est un souvenir, un témoignage de votre passage (plus ou moins douloureux) dans le monde fascinant (ou pas) des maths. Et qui sait, peut-être qu'un jour, vous retrouverez cette page de garde et vous direz: "Ah, ça me rappelle quand je galérais avec les fractions… C'était le bon vieux temps!". (Bon, ok, peut-être pas. Mais on peut toujours rêver!)