
Ah, la page de garde de CP! Le Graal des rentrées de septembre, plus mystérieuse que la recette secrète du Coca-Cola. On se souvient tous (ou presque!) de ce moment crucial où l'on s'apprêtait à transformer une simple feuille blanche en une œuvre d'art... ou du moins, en quelque chose d'identifiable comme un cahier.
Imaginez la scène : vous, votre enfant, une table recouverte de journaux (parce que, soyons honnêtes, la peinture, ça a une fâcheuse tendance à se promener), une boîte de feutres plus colorée qu'un arc-en-ciel et une détermination à toute épreuve... qui s'évapore généralement au bout de 10 minutes, remplacée par un "Maman, j'ai faim!".
En 2017-2018, le challenge était le même qu'aujourd'hui : faire en sorte que le cahier de Mathématiques ressemble bien à un cahier de Mathématiques et pas à un recueil de poésie sur les poneys (même si, secrètement, on adore les poneys!).
L'art délicat de l'étiquetage version CP
Le nom, le prénom, la classe... Ces informations cruciales, plus importantes que le code secret d'une mission top secrète, devaient être inscrites avec une précision chirurgicale. Ou, du moins, avec une écriture lisible. On a tous connu ce moment de panique où l'on déchiffre le nom de l'enfant et où "Dupont" se transforme en "Ducroc".
Et la police d'écriture! Est-ce qu'on opte pour une calligraphie digne d'un moine copiste ou pour une version plus "cool" avec des lettres penchées et des étoiles partout? Le dilemme est cornélien. Souvent, la solution se résume à un compromis boiteux entre les deux.

N'oublions pas le fameux "CP" qui devait trôner fièrement sur la page, tel un étendard. On l'écrivait en gros, en gras, avec des paillettes si on osait. Un peu comme si on annonçait au monde entier : "Attention, voici un enfant qui entre dans le monde merveilleux (et parfois terrifiant) de la lecture et de l'écriture!".
La touche artistique... ou presque
La page de garde, c'était aussi l'occasion de laisser libre cours à la créativité. Des dessins de fleurs, de soleils souriants, de maisons avec des cheminées qui fument... L'imagination des enfants (et parfois celle des parents, soyons honnêtes!) était sans limite.

On pouvait même y coller des gommettes. Des gommettes de toutes les formes et de toutes les couleurs. Attention toutefois à ne pas en abuser, sous peine de transformer le cahier en un sapin de Noël avant l'heure.
Il y a aussi ceux qui, plus ambitieux, se lançaient dans des projets plus élaborés : des collages, des découpages, des peintures abstraites (enfin, abstraites... on essaie de les interpréter!). Le résultat était parfois surprenant, souvent touchant, et toujours unique.

Le verdict final
Une fois la page de garde terminée, on admirait notre œuvre. Fièrement. Même si le nom était un peu de travers, même si les couleurs débordaient un peu, même si le CP ressemblait plus à un 8 qu'autre chose. L'essentiel était là : un cahier personnalisé, prêt à affronter les joies et les défis de l'année scolaire.
Et puis, on se disait, avec un sourire : "L'année prochaine, on fera encore mieux... ou peut-être pas!". Parce que, soyons réalistes, la page de garde, c'est un peu comme la lessive : on recommence tous les ans!
Alors, la prochaine fois que vous croiserez un cahier de CP, prenez un instant pour admirer la page de garde. Elle raconte une histoire : celle d'un enfant, d'un parent, et d'un moment de partage... avec une bonne dose de colle et de feutres!