
Ah, la sixième... Toute une époque ! On se souvient tous de notre rentrée en sixième, non ? Un mélange d'excitation et de terreur, comme si on passait du bac à sable à la cour des grands. Et au milieu de tout ce chaos émotionnel, il y avait une tâche essentielle : décorer sa page de garde d'anglais.
La page de garde d'anglais de sixième, cru 2018-2019. C'était bien plus qu'une simple feuille de papier. C'était une déclaration d'identité, une vitrine de notre créativité balbutiante. C'était, soyons honnêtes, une compétition féroce déguisée en activité artistique. Un peu comme Masterchef Junior, mais avec des crayons de couleur et des feutres parfumés.
On se souvient des efforts désespérés pour que notre écriture "anglaise" ressemble à quelque chose d'autre que des hiéroglyphes griffonnés. On essayait d'imiter ces polices d'écriture sophistiquées qu'on voyait dans les livres, mais ça finissait souvent par ressembler à un gribouillage illisible. Un peu comme essayer de danser la salsa après avoir regardé une vidéo YouTube pendant cinq minutes. Le résultat est... discutable.
Le matériel indispensable (et les drames associés)
Les feutres ! L'arme absolue. Mais attention, il y avait feutre et feutre. Le feutre qui bavait, le feutre qui ne coloriait plus, le feutre dont la mine s'enfonçait dès la première utilisation... Un véritable parcours du combattant. Et la panique quand on réalisait qu'on avait utilisé le seul feutre vert pomme pour colorier un drapeau britannique ! Catastrophe !

Le Blanco, l'effaceur magique. Enfin, magique... jusqu'à ce qu'il laisse une trace blanche et pâteuse bien plus visible que l'erreur originale. C'était un peu comme essayer d'éteindre un incendie avec de l'essence. Souvent, on finissait par redessiner complètement la zone concernée, en espérant que le prof ne remarquerait pas. (Spoiler : il remarquait toujours.)
La règle. Indispensable pour tracer des lignes droites (ou presque). Mais on se retrouvait souvent avec une règle pleine de traces de feutre, et une page de garde avec des lignes… moins droites que prévu. C'était comme essayer de naviguer un bateau avec un GPS défectueux. On arrivait à destination, mais le trajet était... sinueux.
Les thèmes récurrents

Le drapeau britannique. Un classique indémodable. Souvent, on le redessinait en s'inspirant plus ou moins du modèle. Disons que parfois, il ressemblait plus à une œuvre d'art abstraite qu'à un symbole national.
Les symboles londoniens : Big Ben, les bus rouges à impériale, les cabines téléphoniques rouges. On les dessinait avec plus ou moins de succès. Big Ben ressemblait parfois plus à une cheminée d'usine qu'à une horloge majestueuse. Les bus rouges, eux, avaient souvent une forme improbable. Un peu comme si Picasso avait décidé de se lancer dans le transport en commun.

Le vocabulaire de base : "Hello", "My name is...", "What's your name?". On les écrivait en grand, en gras, en italique, avec des couleurs différentes. Pour être sûr que le prof comprenne qu'on connaissait les bases. Un peu comme crier "Bonjour !" à un Français en espérant qu'il soit impressionné par notre maîtrise de la langue.
En fin de compte, la page de garde d'anglais de sixième était un rite de passage. C'était l'occasion de s'exprimer, de faire preuve de créativité (même si elle était parfois approximative), et de se faire remarquer (pour le meilleur ou pour le pire). Et même si le résultat final n'était pas toujours digne d'un musée, on en était quand même fiers. Après tout, c'était notre page de garde.
Alors, on se souvient de ces moments avec un sourire. C'était le bon vieux temps, quand nos plus grands soucis étaient de trouver le bon feutre et d'éviter de faire une faute d'orthographe sur "English". Ah, la sixième... Toute une aventure !