
Salut toi! T'es là, tu scrolles, peut-être en buvant ton café du matin (ou ton thé, on ne juge pas!). T'es peut-être tombé(e) sur cette phrase un peu bizarre: "On ne naît pas femme, on le devient". C'est une phrase qui a fait le tour du monde, une citation de Simone de Beauvoir, une sacrée dame qui a bousculé pas mal de choses. Mais qu'est-ce que ça veut dire exactement? Et surtout, pourquoi on devrait s'en soucier aujourd'hui?
Laisse-moi te raconter ça comme si on papotait entre ami(e)s, sans chichis, sans jargon compliqué. On va décortiquer cette idée ensemble et voir pourquoi, mine de rien, elle est super importante, même si t'as l'impression que ça ne te concerne pas directement.
C'est quoi, cette histoire de "devenir femme"?
Imagine que tu es un petit garçon. Depuis que tu es né, on te dit: "Les garçons, c'est costaud, ça ne pleure pas, ça joue au foot". On t'offre des voitures, des jeux de construction, des costumes de super-héros. Tu vois des pubs où les hommes sont forts, indépendants, et toujours en train de réussir des trucs incroyables.
Maintenant, imagine une petite fille. On lui dit: "Sois sage, sois jolie, aide ta maman". On lui offre des poupées, des déguisements de princesse, des dînettes. Les pubs lui montrent des femmes douces, attentionnées, et souvent préoccupées par leur apparence.
Tu vois où je veux en venir? Ce ne sont pas des différences naturelles. Ce sont des constructions. On nous apprend à être "garçon" ou "fille" dès notre plus jeune âge. On nous conditionne à rentrer dans des cases, à adopter des comportements considérés comme "normaux" pour notre sexe.
Simone de Beauvoir disait que le sexe biologique (être né avec un vagin ou un pénis) n'est pas suffisant pour définir une femme. Elle disait qu'on devient femme à travers l'éducation, la société, les expériences, les injonctions (souvent contradictoires) qu'on subit.

Un exemple concret?
Pense à cette petite fille qui adore le foot, mais à qui on répète sans cesse que "le foot, c'est pour les garçons". Elle finit peut-être par abandonner sa passion, non pas parce qu'elle n'aime plus le foot, mais parce qu'elle ressent une pression sociale pour se conformer à ce qu'on attend d'une "fille". Voilà un exemple de comment la société "fabrique" la féminité.
Pourquoi ça compte, même en 2024?
Tu te dis peut-être: "Ok, c'est une théorie intéressante, mais qu'est-ce que ça change concrètement dans ma vie?". Beaucoup de choses, en réalité!
Ça remet en question les stéréotypes. Si on accepte l'idée que la féminité n'est pas innée, mais construite, alors on peut commencer à déconstruire les clichés qui lui sont associés. On peut arrêter de penser que toutes les femmes doivent être douces, maternelles, et intéressées par la mode. On peut laisser chacune être elle-même, avec ses propres passions, ses propres ambitions, sans se sentir obligée de rentrer dans un moule.

Ça ouvre le champ des possibles. Si on ne naît pas femme, mais qu'on le devient, alors on peut choisir comment on le devient. On peut s'affranchir des injonctions, des diktats, des pressions sociales. On peut décider d'être une femme forte, indépendante, ambitieuse, ou une femme douce, attentionnée, au foyer, ou les deux à la fois, ou ni l'un ni l'autre! L'important, c'est d'avoir le choix.
Ça favorise l'égalité. Quand on comprend que les différences entre les sexes ne sont pas naturelles, mais culturelles, on peut commencer à lutter contre les inégalités qui en découlent. On peut militer pour l'égalité salariale, pour une meilleure représentation des femmes dans les postes de pouvoir, pour une répartition plus équitable des tâches ménagères et parentales.
Une petite histoire pour illustrer?
Mon amie Sophie est ingénieure. Depuis toute petite, elle adore les maths et la physique. Mais quand elle a voulu faire des études d'ingénieur, on lui a dit: "C'est un métier d'homme". Heureusement, elle n'a pas écouté ces remarques. Elle a persévéré, et aujourd'hui, elle est une brillante ingénieure. Elle a prouvé que les femmes peuvent réussir dans des domaines traditionnellement masculins, à condition qu'on leur en donne la possibilité. Son histoire est un bel exemple de comment on peut "devenir femme" en brisant les stéréotypes.
Alors, concrètement, on fait quoi?
Pas de panique, il ne s'agit pas de tout révolutionner du jour au lendemain! Il s'agit simplement d'être plus conscient(e) des stéréotypes qui nous entourent, et de remettre en question nos propres préjugés.

Observe les pubs. Sont-elles sexistes? Renforcent-elles les clichés sur les hommes et les femmes? Si oui, essaie de les ignorer, ou mieux, de les critiquer!
Fais attention à tes paroles. Utilises-tu des expressions sexistes sans t'en rendre compte? Exemple : "Arrête de pleurer comme une madeleine !" ou "Sois un homme !". Essaie de les remplacer par des formulations plus neutres.
Soutiens les initiatives qui promeuvent l'égalité. Signe des pétitions, participe à des manifestations, soutiens des associations qui luttent contre les discriminations.

Éduque tes enfants (ou tes neveux et nièces, ou tes petits-enfants). Offre-leur des jouets variés, qui ne soient pas genrés. Encourage-les à suivre leurs passions, quels qu'elles soient. Apprends-leur à respecter les autres, quels que soient leur sexe, leur origine, leur orientation sexuelle.
Et surtout, sois toi-même! N'essaie pas de te conformer à un modèle préétabli. Assume tes choix, tes envies, tes singularités. C'est en étant authentique que tu contribueras à faire évoluer les mentalités.
En résumé, "On ne naît pas femme, on le devient" est une invitation à la réflexion, à la libération, et à l'égalité. C'est une phrase qui nous encourage à nous affranchir des stéréotypes, à nous définir par nous-mêmes, et à construire une société plus juste et plus inclusive pour toutes et tous. Et ça, c'est quand même une sacrée bonne raison de s'y intéresser, non?
Alors, la prochaine fois que tu entendras cette phrase, pense à tout ce qu'on a dit ensemble. Et souviens-toi: tu as le pouvoir de choisir qui tu veux être. Et ça, c'est le plus beau des cadeaux.