
Ah, mon vieux cahier d'anglais... Il est là, bien rangé, au fond d'un carton. Il a survécu à tant de déménagements, à tant de changements ! Mais on va parler de sa page de garde. La page de garde. Vous voyez de quoi je parle, hein ?
C'était bien plus qu'une simple feuille. Non, non. C'était une œuvre d'art en devenir, une déclaration d'intention, un manifeste ! Enfin, peut-être un peu moins grandiose que ça, mais vous voyez l'idée.
La page de garde de mon cahier d'anglais, c'était le ticket d'entrée dans un monde nouveau. Un monde de verbes irréguliers (argh!), de "the" et de "a" qui me donnaient du fil à retordre, et de prononciations qui me faisaient éclater de rire.
Alors, comment était-elle, cette fameuse page de garde ? Souvent, elle commençait par une tentative de calligraphie. Mon nom et prénom, bien sûr, en lettres plus ou moins rondes et appliquées. "Nom :" suivi de mon nom, écrit avec la plus belle encre bleue que je pouvais trouver. "Prénom :" idem, mais avec une tentative (souvent ratée) de faire une majuscule élégante. Vous aussi, vous faisiez ça, n'est-ce pas ?
Et ensuite ? Ensuite, c'était le festival des illustrations ! Parfois, des drapeaux anglais. Union Jack, bien sûr. Parfois, des caricatures de la Reine Elizabeth II (désolé, Majesté !). Et souvent, des tentatives maladroites de dessiner des personnages de mes séries préférées. Tiens, je me souviens d'une version particulièrement ratée de Sherlock Holmes... Mais l'intention était là !

Il y avait aussi, immanquablement, une phrase en anglais. Laquelle ? Ça dépendait de mon niveau du moment. Au début, c'était probablement quelque chose de simple, comme "Hello!" ou "My name is..." Plus tard, peut-être une citation d'un film ou d'une chanson. J'essayais toujours de faire en sorte que ce soit quelque chose de cool, quelque chose qui montre que, oui, j'aimais bien l'anglais, même si les règles de grammaire me donnaient parfois envie de tout jeter par la fenêtre.
Et les couleurs! Ah, les couleurs! C'était un déferlement de feutres, de crayons de couleur, parfois même de peinture (bon, d'accord, ça c'était plus rare, et surtout quand j'étais plus jeune). J'essayais de créer un ensemble harmonieux, mais le résultat était souvent un joyeux mélange de tout et n'importe quoi. Mais c'était mon tout et n'importe quoi.

Pourquoi cette page de garde était-elle si importante? Je pense que c'était une façon de s'approprier la matière. De se dire: "Ok, je vais apprendre l'anglais, mais je vais le faire à ma façon." C'était une déclaration d'identité, un espace de liberté créative dans un cadre scolaire parfois un peu rigide.
En y repensant, je me dis que ces pages de garde étaient aussi un peu un autoportrait de mon état d'esprit à l'époque. Elles reflétaient mes passions, mes rêves, mes angoisses aussi, peut-être.

Alors, la prochaine fois que vous tomberez sur un vieux cahier, prenez le temps de regarder sa page de garde. Vous y trouverez peut-être des souvenirs oubliés, des émotions enfouies, un petit bout de vous-même que vous aviez oublié. Et qui sait, peut-être que cela vous donnera envie de reprendre les crayons et de laisser libre cours à votre créativité, comme au bon vieux temps. N'est-ce pas une belle idée?
Et puis, qui sait, peut-être que je devrais retrouver ce vieux cahier d'anglais... Je suis sûr que je rirais bien en voyant mes tentatives maladroites de dessiner Sherlock Holmes! Ça me rappellerait aussi de bons souvenirs. Et ça me donnerait peut-être envie de replonger dans l'apprentissage de l'anglais. On n'est jamais trop vieux, n'est-ce pas ? Allez, je vais le chercher...