
Ah, "Creep" de Radiohead. Le hymne de tous les losers magnifiques, de tous ceux qui se sentent un peu… décalés. Disons-le franchement, qui n'a jamais écouté cette chanson en se disant "Mais oui, c'est exactement ça !"? (Ne faites pas les innocents, on est entre nous, hein ? 😉)
Le truc, c'est que "I Wish I Was Special" (parce que oui, c'est son titre alternatif, on l'oublie souvent !) a une capacité incroyable à nous faire croire, l'espace de quatre minutes et quelques secondes, qu'on est les seuls à ressentir cette espèce de malaise existentiel. Thom Yorke, avec sa voix plaintive, devient notre confesseur personnel. C'est comme si, soudain, on avait trouvé une âme sœur... une âme sœur un peu déprimée, certes, mais une âme sœur quand même !
On se dit alors : "Enfin ! Quelqu'un qui comprend que je suis un peu... différent." Un peu comment ? Bah, différent ! Un peu trop sensible, un peu trop intelligent, un peu trop... tout court. (Oui, oui, on se fait des films, on le sait.)
L'analyse psycho-bidon de la chanson (parce qu'il en faut bien une)
Alors, pourquoi cette chanson nous touche-t-elle autant ? Est-ce la mélodie lancinante ? Les paroles qui décrivent à merveille le sentiment d'infériorité ? Le fait qu'elle soit parfaite pour pleurer en silence dans sa chambre, en attendant que le prince charmant (ou la princesse, hein, on n'est pas sectaires) daigne enfin remarquer notre existence ? Peut-être un peu de tout ça, en fait.
Mais soyons honnêtes deux secondes (bon, peut-être trois) : la chanson joue aussi sur notre narcissisme latent. On aime bien se sentir "différent", "unique". Même si c'est pour se plaindre de notre différence et de notre unicité. C'est paradoxal, mais c'est humain, non ?

La légende urbaine (ou pas)
Il paraît que Thom Yorke détestait cette chanson après son succès initial. Trop mainstream, trop simpliste, pas assez "Radiohead". Imaginez un peu la scène : le mec, au sommet de sa gloire, qui se dit "Oh non, pas cette chanson de losers !". Ironique, non ? (Un peu comme nous qui nous plaignons d'être spéciaux, en fait...) Bien sûr, il l'a réhabilitée depuis, probablement après avoir encaissé quelques chèques bien juteux de droits d'auteur. (On ne juge pas, on comprend ! 😉)
Et puis, il y a aussi le fameux "creep". Le mot clé de la chanson. On se sent tous un peu "creep", à un moment ou à un autre. Un peu bizarre, un peu hors norme, un peu... flippant. Mais au fond, c'est peut-être ça qui nous rend attachants, non ? (Ou pas. On ne garantit rien.)

Finalement, "Creep" est bien plus qu'une simple chanson. C'est un exutoire collectif. C'est le cri du cœur de tous ceux qui se sentent un peu... "creep". Et c'est surtout une excellente excuse pour se lamenter sur son sort en musique. (Et ça, on adore.)
En conclusion : Si vous vous sentez un peu "Creep" aujourd'hui, mettez la chanson à fond, fermez les yeux, et imaginez Thom Yorke en train de pleurer avec vous. (Mais pas trop fort, hein, faut pas casser le mythe !)