
Ah, l'Étape du Tour du 21 juillet 2022... une date qui résonne comme une cloche de vélo rouillée dans la tête de beaucoup de cyclistes amateurs. Imaginez ça comme votre premier jour de salle de sport après les fêtes : plein de bonnes intentions, un équipement flambant neuf (ou presque), et une vague appréhension quant à la douleur à venir. C'était exactement ça.
Le parcours ? Briançon à Alpe d'Huez, avec le Galibier et la Croix de Fer en bonus. En gros, c'est comme si on vous demandait de grimper l'escalier de l'Empire State Building... trois fois. Enchaîné. Et en portant un sac à dos rempli de briques. Vous voyez le tableau.
L'ambiance au départ était électrique, un mélange de "Je vais tout déchirer !" et de "Pourquoi ai-je signé pour ça ?". On se jaugeait du coin de l'oeil, on admirait les vélos à 10 000€ (mon vieux biclou rouillé se sentait un peu complexé, je dois dire), et on priait secrètement pour un miracle. Genre, une panne de bus pour tout le monde, sauf nous. Mais bon, la réalité nous a vite rattrapés.
Le Galibier, parlons-en. C'est un peu comme un ex qui vous revient à chaque fois que vous pensez avoir tourné la page. Une ascension interminable, avec un vent qui vous fouettait le visage et des paysages magnifiques qu'on était trop occupés à ignorer, parce que, avouons-le, on souffrait. C'était le moment où l'on se demandait si on avait bien fait de manger cette part de pizza supplémentaire la veille. Spoiler alert : non.
La descente ? Un bref moment de répit, un avant-goût du paradis. On se sentait comme des pros, cheveux au vent (enfin, ce qu'il en restait sous le casque), à foncer à toute allure. Jusqu'à la Croix de Fer, qui, comme son nom l'indique, était une véritable épreuve. Encore une montée, encore des jambes qui criaient grâce, encore l'impression de ne jamais voir le bout. C'était un peu comme essayer de faire passer un fil dans une aiguille en pleine tempête : frustrant et inutile.

La Bataille Mentale
Mais au-delà de la souffrance physique, l'Étape du Tour, c'est surtout une bataille mentale. C'est se dire "Je vais abandonner" à chaque coup de pédale, et puis se rappeler qu'on s'est levé à 4h du matin, qu'on a fait des mois d'entraînement (plus ou moins), et qu'on ne va pas laisser une simple montagne nous battre. C'est un peu comme se motiver à faire le ménage alors qu'on préférerait regarder Netflix : on trouve la force quelque part.
Et puis, enfin, l'Alpe d'Huez. Les 21 virages, chacun portant le nom d'un vainqueur mythique du Tour. On se sentait presque légitime, presque pro. Presque. La foule était là, encourageant, criant, offrant des bouteilles d'eau (un vrai luxe à ce moment-là). C'était comme être une star de cinéma, mais avec des jambes en coton et une haleine de chacal.

La ligne d'arrivée ? Un soulagement indescriptible. On était épuisés, vidés, mais tellement fiers. On avait survécu. On avait conquis l'Alpe d'Huez. On avait mérité cette bière (ou deux, ou trois). C'était un peu comme terminer un puzzle de 10 000 pièces : on pouvait enfin dire "Je l'ai fait !".
Alors, l'Étape du Tour du 21 juillet 2022, c'était dur, c'était intense, c'était parfois douloureux. Mais c'était aussi une aventure incroyable, une expérience inoubliable, et une histoire à raconter pendant des années. Et puis, avouons-le, c'est toujours une bonne excuse pour manger du fromage et boire du vin sans culpabiliser. Après tout, on l'a bien mérité, non ?