
Ah, la fameuse page de garde d'Arts Plastiques au collège ! On dirait presque un rite de passage, non ? Un peu comme apprendre à faire du vélo sans les petites roues, ou comprendre pourquoi les profs de maths aiment tant les équations (bon, ça, on ne le comprend jamais vraiment...).
Vous vous souvenez ? On avait tous ce moment de panique douce en réalisant qu'il fallait non seulement survivre aux cours d'Arts Plastiques (entre les natures mortes qui ressemblent à des crêpes ratées et les collages qui finissent plus sur nous que sur la feuille), mais aussi... créer une page de garde digne de ce nom !
C'était un peu comme préparer un CV pour le job de ses rêves, sauf que le "job" c'était de survivre une année entière à devoir distinguer le bleu cyan du bleu turquoise. Et le "CV", c'était cette satanée page qu'on allait coller devant notre cahier, porte d'entrée vers l'univers infini (et parfois effrayant) de l'art.
Le défi : faire simple... ou pas !
L'objectif ? Rester simple. Mais on ne va pas se mentir, qui a vraiment réussi à faire SIMPLE ? On partait toujours avec de bonnes intentions. Une petite fleur par-ci, un joli dégradé par-là... Et hop ! En cinq minutes, on se retrouvait avec un carnaval de couleurs dignes d'un plumage de paon, et trois techniques différentes utilisées (sans compter les traces de colle indélébiles, évidemment).
C'était un peu comme essayer de faire une recette de cuisine qu'on trouve "facile" sur internet. On se dit "allez, c'est bon, je gère", et deux heures plus tard on a une cuisine qui ressemble à un champ de bataille et un plat dont le goût est... disons, "unique".

Et puis, il y avait les pros, ceux qui avaient déjà un don inné pour le dessin ou qui, soyons honnêtes, avaient des parents doués pour l'art qui venaient filer un coup de main en douce. Eux, ils arrivaient avec des pages de garde dignes de musées. Des trucs à faire pâlir d'envie même les artistes les plus confirmés.
Le thème : Fleur, l'inspiration... ou la galère !
Collège Fleur... donc, le thème, souvent, c'était "fleur". Une fleur, des fleurs, un champ de fleurs, une fleur stylisée... On a vu toutes les déclinaisons possibles et imaginables. C'était le règne de la tulipe, de la rose et du tournesol. Parfois, on osait l'orchidée ou la marguerite, histoire de se démarquer un peu.

Mais honnêtement, après avoir dessiné la dixième fleur de l'année, on commençait à saturer. On rêvait de dessiner des voitures, des robots, des paysages apocalyptiques... N'importe quoi, sauf encore une fleur !
Et puis, il y avait la question cruciale : comment rendre une fleur intéressante ? On pouvait la colorier, la découper, la coller, la transformer en monstre à tentacules... Bon, ok, peut-être pas la transformer en monstre à tentacules, mais l'idée était là : sortir du lot, même si le thème était un peu... contraignant.

Au final, cette page de garde, c'était bien plus qu'une simple décoration pour un cahier. C'était l'expression de notre créativité, de notre personnalité (même si elle était un peu forcée par le thème "fleur"). C'était aussi un souvenir de ces années collège, où l'on apprenait à manier les crayons, les pinceaux et... surtout, à dépasser nos propres limites (artistiques, bien sûr !).
Alors, la prochaine fois que vous croiserez un ancien cahier d'Arts Plastiques avec une page de garde à thème floral un peu kitsch, souriez. Vous vous souviendrez peut-être de vos propres galères créatives... et vous vous direz que, finalement, c'était pas si mal, cette page de garde. C'était... vous !